La virulence du H5N1 expliquée
Publié le 19 November 2006 par SinusComLes virologues peinaient à expliquer la forte mortalité - 143 morts sur 244 personnes infectées - due au virus de la grippe aviaire (H5N1), mortalité que l’on n’observe pas avec les virus de la grippe saisonnière.
Dans le numéro d’octobre de Nature Medicine, des spécialistes des maladies infectieuses dirigés par Menno de Jong (unité de recherche clinique de l’université d’Oxford, hôpital des maladies tropicales, Ho-Chi-Minh-Ville, Vietnam) apportent des éléments permettant de comprendre le caractère pathogène du H5N1.
CHARGE VIRALE
Dans un premier temps, ils ont effectué des prélèvements (sang, sécrétions nasales et pharyngées) chez 18 personnes hospitalisées pour une infection par le H5N1 et dont 13 devaient décéder de cette infection. Ils ont d’autre part effectué les mêmes prélèvements chez 8 personnes infectées par un virus grippal habituel (H3N2 ou H1N1). La comparaison de ces analyses a montré la présence d’une charge virale beaucoup plus élevée au niveau de la gorge dans le cas du H5N1, charge plus importante encore chez les patients qui devaient décéder. Le virus H5N1 n’a été isolé que dans le sang de ces 13 personnes.
Ces résultats démontrent que la présence du H5N1 déclenche chez l’homme une réaction particulièrement vive du système immunitaire caractérisée par une production massive de cytokines. Ces molécules qui permettent de lutter contre les phénomènes inflammatoires peuvent, quand elles sont produites en trop grande quantité, entraîner des défaillances organiques parfois mortelles.
“Cela rappelle les observations faites dans les cas dits de “grippes malignes” où le déferlement non contrôlé de cytokines provoque notamment un oedème aigu du poumon qui perd son élasticité, explique le docteur Jean-Claude Manuguerra (Institut Pasteur de Paris). Dans le cas du H5N1, nous sommes confrontés, d’emblée, à une infection profonde, tout se passant comme si le virus parvenait très tôt à induire des lésions des alvéoles pulmonaires.”
Source : Lemonde.Fr - Jean-Yves Nau
Comment s’en proteger ?!!
La meilleure protection est physique : port de gants et d’un masque adapté.
Les gants devront être portés toute la journée à l’extérieur du domicile et quittés le soir. Le virus ne survivant pas plus de quelques heures à l’air libre, il pourront être réutilisé le lendemain (ou de préférence le surlendemain). Après avoir enlevé les gants, il sera nécessaire de se laver les mains (l’eau savonneuse suffit très probablement) pour les quelques virus présents sur les gants que l’on aurait pu toucher en les enlevant. Des études essentiellement réalisées pour le virus du rhume, montrent que les mains sont le vecteur principal de la transmission virale. Tous les membres d’un même foyer doivent appliquer les mêmes précautions. Y compris bien sûr les enfants qui de toute façon n’iront pas à l’école.
Place des produits pharmaceutiques
Il peut être tentant de stocker des médicaments antiviraux. Un produit est à privilégier, l’oseltamivir vendu en France sous le nom de Tamiflu. Son efficacité préventive est notable sur tous les virus grippaux (même si on ne peut jamais préjuger de l’avenir). Les autres antiviraux, certes moins chers, sont moins efficaces. L’oseltamivir est stocké à grande échelle par tous les états riches.
Mais ce médicament est cher : il faut compter 500 euros pour un traitement préventif de 6 mois ! Je ne suis pas certain que ce médicament apporte une sécurité importante par rapport aux gants et masques. Ce médicament ne peut être acheté qu’avec une ordonnance en France et n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale. A discuter avec votre médecin si cette option de sécurité supplémentaire vous tente (mais il est recommandé aux médecins de ne pas céder à ces demandes). L’achat sur internet est déconseillé.
Stockages divers
Pendant la phase de diffusion épidémique et avant la généralisation du vaccin (3 à 6 mois), il faudra limiter les contacts humains. Les écoles seront fermées ainsi que toutes les administrations. Il sera néanmoins possible de travailler et d’avoir une vie sociale avec un masque et des gants ce qui interdira par exemple de manger avec des amis. Les restaurants seront fermés. De nombreux commerces resteront sans doute ouverts.
Une attitude de prévention maximale peut consister dès maintenant à stocker dans sa cave ou son grenier des produits de première nécessité peu périssables : riz, pâtes, boites de conserves de légumes, sel, farine, huile.
Prévoir aussi une réserve d’eau de javel (très efficace) pour les nettoyages de produits douteux.
Cas particuliers
Maladies intercurrentes : aller chez le médecin sera un risque important. Il devra changer de gants entre chaque patient. Il sera préférable de n’y aller que pour les choses sérieuses.
Vie profesionnelle : il sera tout à fait possible de travailler avec gants et masques. Mais certaines activités seront forcément suspendues (enseignement, spectacle et toutes les activités de groupes importants en général).
Fumeurs : chaque cigarette portées aux lèvres avec les gants est une prise de risque. Il faudra faire attention à ne jamais toucher le filtre. Si les fabricants sont intelligents, ils devront prévoir de retourner les cigarettes dans les paquets. Trouvera-t-on des masques spéciaux ?
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Source des Questions : atoute.org





